Agression du RER D : le contexte d'une méprise

Avant de jeter la première pierre, rappelons les faits : dimanche matin, 11 juillet, tombe sur les écrans (de La Minute du Sablier également), "l'effroi" de Jacques Chirac devant un tel acte. Conclusion : si le Président de la République française réagit aussi vite, alors, il a, n'en doutons pas, vérifié l'info ; de plus tous les médias reprennent, dans ce cas tomber dans le panneau était d'autant plus aisé que ce fait n'était pas étonnant au vu du contexte ambiant. Chirac a fait le même calcul et nous voilà entraîné dans sa chute.

Mea Culpa donc. S'ensuit-il qu'il faille battre notre coulpe plus qu'il ne faut comme le demande le MRAP ? Certainement pas puisque les croix gammées dessinées sur des tombes juives ne sont pas des simulations, elles, (et les tombes musulmanes profanées ne les annulent pas...) de même que les nombreuses attaques sous le seul fait d'être juif. Il ne s'agit donc pas de stigmatiser mais dénicher le monstre, même si, cette fois, et réjouissons-nous en fait, il n'était pas dans la grotte désignée.

LSA Oulahbib

Je ne suis pas d'accord. Les aveux de l' ex- présumée victime ne constituent pas un point final. En France, c'est impressionant le nombre de gens qui passent aux aveux et se rétractent ensuite. Il y a beaucoup de zones d'ombres dans cette affaire. 

En tout état de cause, si ce n'est pas vrai et on y a cru, c'est bien parce que tous les jours des gens sont agressés dans des conditions, certes moins dramatiques mais tout aussi kafkaïennes. Et si on y a cru, c'est parce que pour un juif, le principe de continuité du territoire, si on se référe aux transports public du réseau francilien tendent à se rétrécir comme peau de chagrin et si on évoque la carte scolaire, ce sont des quartiers entiers qui sont devenus inéligibles.

Si on y a cru c'est aussi parce que oui des juifs sont victimes de la haine et du crétinisme béant de banlieue. Et lorsque le CFCM déclare comme il le fait sur les ondes qu'"une fois de plus, la communauté musulmane a été désignée " comme s'il s'agissait là d'oies blanches, il prend nos lanternes pour des vessies. 

Il était légitime d'y croire et il convient pour le moins de s'en tenir à une attitude de doute. Il ne faudrait tout de même pas se mettre à considèrer les communiqués de la prefecture de police comme l'oracle de la Pythie de Delphes et penser que ces gens ne disent que la vérité. A t-on perdu tout sens critique ?

Teresita Dussart